Du fake chez Always et les autres : vive le greenwashing !

En plein air du Bio, du vegan, du healthy et du naturel… il fallait bien que le monde des protections hygiéniques s’y mette lui aussi.D’autant plus qu’un rapport de l’ANSES (l’Agence nationale de sécurité sanitaire)  publié il y a déjà plusieurs années pointait du doigt les compositions chimiques et le manque de transparence des compositions des serviettes et tampons hygiéniques.On a donc commencé à s’intéresser à ce que contenaient ces dernières mais manque de bol, aucune législation n’oblige les fabricants à publier sur les emballages la composition de leurs produits.Seul le marketing fait foi.

Chlore, plastique…ça fait rêver

On s’est donc amusé à décortiquer les serviettes et on n’a pas été déçu.Ils se sont aperçu que les femmes se collaient plusieurs jours par mois du plastique sur le vagin et que leurs muqueuses étaient en contact avec des billes absorbantes issues de la pétrochimie sans parler de la cellulose blanchie au chlore pour éliminer sa couleur naturelle marron.Rien ne prouve (et rien n’a encore été prouvé  d’ailleurs) que ces compositions puissent sérieusement avoir des conséquences sur la santé. Perso, je n’ai pas l’impression que cela ait eu une quelconque conséquence. Mais là n’est pas la question. On a tous le droit de savoir de quoi sont composés les produits que l’on consomme.

Le fait est qu’il a fallu attendre ce rapport pour se poser des questions. Pour être honnête, je ne m’étais auparavant jamais posé la question de ce que contenaient les protections hygiéniques que j’utilisais.J’ai commencé un jour à me poser la question de ce que je mangeais et à m’intéresser à la provenance et la composition des produits que j’ingérais (et c’est devenu un réflexe) mais jamais à la composition des tampons que j’utilisais.
Bref, si j’en suis à écrire cet article, c’est que d’autres avant moi se sont posés la question et que les industriels se sont non seulement mis à faire attention et à soigner la composition de leurs produits mais à surfer sur une nouvelle vague : le Bio et le naturel.
Ba oui pardi ! Comment ne pas y avoir pensé avant ! Le bio et le naturel ça vend !

L’heure des protections hygiéniques bio devait sonner

Il fallait donc passer aux protections hygiéniques bio et proposer des protections épurées, hypoallergeniques , sans conservateurs, vegan, sans gluten ni sucres ajoutés.
Sauf que fabriquer des serviettes et tampons sans merdes chimiques, ça coûte plus cher.
Non seulement ça coûte plus cher mais niveau absorption, les produits chimiques sont parfois plus efficaces que les produits naturels. Les billes absorbantes dans la serviette, il faut dire que ça marche plutôt bien et peut être mieux qu’une couche de coton.
Mais aujourd’hui les consommatrices veulent du naturel et ça les industriels l’ont compris.Si vous jetez un œil dans les rayons de protections hygiéniques, vous verrez des packagings bien étudiés qui mettent en avant des 0%, des « sans colorants », « hypoallergenique », et bientôt « gluten free ». Des beaux packagings blancs et verts avec une fleur de coton sur le côté qui renvoient à la pureté et au naturel…

Du fake

Or ces serviettes et tampons n’ont rien de naturel.. La couche supérieure des serviettes est en plastique et l’intérieur contient de la cellulose et des billes absorbantes. Quand aux tampons, la plupart sont composés de cellulose blanchie au chlore et enveloppé d’un voile en plastique.

Le pompon du pompon : Always notre champion 

Mieux encore  (et j’arrive à mon sujet), certains malins comme Always (qui appartient au groupe Procter & Gamble) se sont lancés effrontément dans un greenwashing ultra trompeur qui laisse penser que leurs protections sont 100% en coton bio alors que seulement une infime partie de leur produit ne l’est.


Par exemple, ci dessus, vous voyez écrit en gros 100% ORGANIC COTON mais si vous lisez en dessous, il est inscrit « Topsheet » et si vous ne comprenez pas l’anglais, la traduction est en dessous écrit en tout petit : « Voile supérieur en coton bio » .Ce qui signifie qu’il n’y a que le voile qui colle à la peau qui est en coton bio.Le reste, c’est de la merde. Les mêmes que les autres. Je veux bien admettre que le public ciblé n’a pas encore l’âge d’être presbyte mais c’est royalement prendre les consommatrices pour des billes et profiter du manque de méfiance et de paranoïa.
Lorsque je mets ce paquet dans mon panier, il y a des chances pour que je ne fasse pas attention et ne m’amuse pas à déchiffrer les petits détails du packaging. D’autant plus que celui-ci est blanc, épuré avec quelques notes de vert et semble proposer un produit sain. Et bien, c’est loin d’être anodin et ce packaging a bien été étudié pour entuber la consommatrice.


D’autres s’y sont mis aussi, de façon plus light mais s’y sont mis quand même.Oui, pourquoi ne pas le tenter si ça permet de vendre au prix du bio ce qu’il ne l’est pas.
C’est un problème et surtout un problème pour les industriels qui eux font du 100% Bio et qui y mettent les moyens. D’autant plus que ceux-là n’ont pas le droit de mentionner 100% coton bio sur leur paquet car la législation leur interdit. Pour l’inscrire, il faudrait que tout le produit le soit, or c’est impossible. Il faut toujours une fine couche de plastique ou d’amidon de maïs pour imperméabiliser le produit donc ça ne peut pas être 100% bio.
En revanche, les tampons peuvent l’être.Mais attention, parfois il n’y a que le cœur du tampon qui l’est car le voile qui le tient ne l’est pas. D’ailleurs je ne vous conseille pas de tampons sans voile car il risque de moins bien tenir.

Le coton

C’est donc le coton qui l’emporte.Qu’il soit bio ou pas, c’est mieux que la cellulose (même s’il n’a jamais été prouvé que la cellulose soit nocive pour la santé. Mais elle est souvent associée et mélangée à des micro-billes absorbantes). Pour être sûre de ne pas vous coller de plastique ou de produits chimiques sur vos muqueuses, privilégiez  le 100% coton pour les tampons et quant aux serviettes, prenez le temps de bien lire sur la boîte pour éviter de vous faire avoir.

Quelques exemples de produits auxquels vous pouvez faire confiance

Je vous invite bien évidemment à regarder mon sujet qui sera diffusé sur FranceTV/Slash le 10 octobre 2020 et que vous pourrez visionner en replay quelques années ou à jamais sur la page YouTube de On n’est plus des pigeons.
N’hésitez pas à faire tourner pour qu’on ne soit plus des pigeonnes !

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