Plus de contrôleurs dans les trains, le contrôleur c’est vous !

Difficile de résister à l’envie de vous faire part d’une petite anecdote de l’été… Des petites anecdotes comme on les aime.

Sachez que lorsque vous ratez votre train et que vous montez dans le suivant, vous êtes considérés par la SNCF comme un fraudeur et payerez la même chose qu’un voyageur sans billet.

Sympathique expérience.

Je rate mon train et monte dans le suivant sans avoir le temps de passer au guichet changer le billet. A vrai dire, c’est dimanche soir et la boutique SNCF de cette gare d’Angoulême est fermée. Aucun guichet d’ouvert. En échange, deux machines qui font office de guichet sur lesquelles on peut échanger des billets papiers. Mon billet est sur mon appli, cette machine ne peut grand chose pour moi.
Je monte donc dans le train avec mon billet initial. Ne l’ayant pas utilisé, on peut espérer un peu de clémence de la part du contrôleur qui tiendra compte de mon billet.

D’autant plus que je possède un billet que j’ai payé plein pot deux jours avant (106€ pour faire un Angoulême-Paris) et ne bénéficie d’aucune carte de réduction. Ce n’est pas un billet Prem’s ni un Idtgv. Il s’agit d’un billet Loisirs.

Prise au piège

Je chope donc une contrôleuse qui fait son passage dans les allées des wagons pour se faire voir.

A priori, ce passage auprès des voyageurs devenu automatique au départ du train sert à ça.
A quoi ? A d’une certaine façon, prouver son honnêteté. A se rendre auprès d’eux en cas de problème afin de ne pas avoir à s’expliquer au moment du contrôle ou d’être pris en « flagrant délit ».

Et bien sachez que non.
Je me lève, la rattrape et lui explique ma situation. D’emblée, elle me dit que je suis sans billet et que je dois en payer un autre. Je pense d’abord qu’elle veut me faire peur mais je comprends très vite qu’elle est sérieuse. Elle sort sa machine et me demande avec quel moyen de paiement je règle. (Elle accepte la carte bleue.)
Je prétexte d’aller chercher mes affaires pour l’esquiver puis retombe sur elle dans la foulée, dans les starkings blocks, dégainant de nouveau sa machine et n’acceptant aucune explication de ma part.

Clandestine à bord

Je lui dis que je reviens puis décide de m’asseoir au milieu d’une voiture et de changer de wagon au prochain arrêt. Je prends donc place en mode clandestine et parviens à l’esquiver pendant l’heure qu’il reste jusqu’au prochain arrêt me disant que c’était un manque de bol, que n’importe quel autre contrôleur serait bien plus clément.

Naïve que je suis !

J’avance donc de cinq wagons et prends place dans une nouvelle voiture.
Comme une conne, je refais la même et me rends auprès du contrôleur. Et là était l’erreur. Il aurait fallu que cette fois-ci je ferme ma gueule.

Un épisode de Navarro sur TF1

Encore pire, le mec se prend pour Navarro et m’explique que pour lui je n’ai pas de billet. Je recommence et lui explique qu’il ne peut pas me considérer au même titre qu’un voyageur sans billet etc etc. Et là j’ai droit à une négo qui dure plus de 40 minutes montre en main dans une conversation à base de :

« Non mais Madame, je crois que vous ne voulez pas comprendre »
(…)
« Pourquoi vous voudriez que je sois clément ? Parce que c’est vous ? » « Non Monsieur, pas parce que c’est moi, mais parce que j’ai un billet. »
« Du coup vous ne voulez pas que je fasse mon travail ? A ce moment-là je reste chez moi avec ma femme et mes enfants… »

Episode suivant

« Je suis emmerdée je n’ai ni mes papiers ni mes moyens de paiement. »
« Ah donc c’est garde à vue à l’arrivée à Paris. Les flics vous attendront sur le quai et ça va vous prendre quatre heures. »
« Non, c’est pas vrai ?! Ah mince alors.. » « Mais c’est pas possible monsieur! «
« Si si vous êtes obligé d’avoir vos papiers sur vous, tout le temps. » « Je le sais parce que je suis gendarme aussi. » « Ah bon ? Enorme ! »

Pour être honnête, j’en ai un peu assez de devoir jouer le jeu face à des chefaillons qui expriment leur frustration à travers leur petit pouvoir.
En même temps, c’est le prix à payer si je ne veux pas payer un deuxième billet. Mais à quel prix…
Le prix d’une négo avec un pion qui répond bêtement à des règles imposées par un système qui lui-même n’est pas en mesure de les appliquer. On crée des règles idiotes et on paye des idiots pour les imposer car je ne crois pas qu’un Pépy pourrait assumer la bêtise de les appliquer.

Mais là n’est pas le sujet. Le sujet, c’est que les contrôleurs ne font pas leur boulot et attendent qu’on leur facilite la tâche.

Des contrôleurs qui ne travaillent pas

Il faut dire qu’en attendant, pendant ces 40 minutes, il ne faisait pas son travail et il ne l’a jamais fait d’ailleurs. Aucun contrôleur n’est passé dans ce train contrôler les titres de transports des voyageurs à bord. (Ni dans ce wagon ni dans les autres.)
Et puis toute cette morale et ces leçons pour finalement réaliser à l’arrivée qu’il n’a jamais fait son boulot.Ou plutôt son travail a consisté à passer dans les allées pour attirer les pauvres gens honnêtes en mal de billet…

Morale de l’histoire

Morale de l’histoire : mieux vaut fermer sa gueule et rester à sa place plutôt que de faire leur travail à leur place. On pense être gagnant en étant honnête or on leur facilite la tâche et leur faisant gagner un temps fou. Au lieu de contrôler, ils se contentent de longer le train dans les deux sens, récupèrent au passage les cas compliqués pour les verbaliser et justifier leur travail sans s’être foulés. Surtout que n’oublions pas, ils ont des intéressements sur les billets vendus et les amendes payées sur place.

Epilogue : le plaisir de la fessée

« Bon, je vais être sympa et vous épargner la police. Allez, vous avez bien flippé, c’est le principal. »
« Ah mais qu’est-ce que vous êtes sympa ! »«  Merci, vraiment. »
« Bon, non pas que je prenne plaisir à vous faire flipper. N’allez pas croire ça ! Mais je pense que vous avez retenu la leçon et ne recommencerez pas. »

Pour une fois, la fessée, je crois qu’il y a pris plus de plaisir que moi.
Celle-ci je m’en serais passée. Effectivement, ça n’était pas un plaisir pour moi de rater le train, de devoir prendre le suivant, d’arriver deux heures plus tard que prévu et de voyager comme une clandestine.

De la clémence que dans un sens

Je dois préciser un détail.
C’est que six jours avant, sur ce même trajet, un problème technique survenu à Bordeaux a fait arriver le train avec trois heures et demi de retard, bloquant tous les voyageurs en pleine canicule toute une après-midi sur un quai.
La SNCF nous a tenu en haleine trois heures et demi ne sachant pas à quelle heure les trains allaient pouvoir repartir. Au bout de ces trois heures, une fois dans le train, on nous a annoncé 45 minutes de retard en plus à cause d’une vitre cassée ralentissant la vitesse du train… Résultat des courses : arrivée à minuit avec 4h15 de retard. Et comme il s’agissait d’un billet « Ouigo » », là où le trajet aurait dû être totalement remboursé, j’ai eu droit à un bon d’achat de 8€ à utiliser uniquement sur un « Ouigo » jusqu’au 31 décembre. Chouette.
N’ai-je pas fait part de clémence ce jour-là ?
Non, lorsque la SNCF a un problème et fout tout le monde dans la merde, on prend sur nous. En revanche, lorsque vous ratez votre train, il faut payer. C’est ce qu’on appelle des rapports équilibrés.

Conclusion

Moralité : en cas de problème dans un train, prenez tranquillement une place et fermez votre gueule.
Le passage dans le train auprès des voyageurs ne sert qu’à leur faciliter le travail. Vous avez trois chances sur quatre pour qu’ils ne passent pas. Belle arnaque de la SNCF.

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